Le bouddhisme

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Le bouddhisme

Message  AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 09:54

- Le bouddhisme -
Raconté aux enfants



Qui était Bouddha ?

Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, Bouddha n'est pas un dieu, ni un esprit, ni un être magique. C'était un être humain, comme toi & moi, qui a vécu il y a 2500 ans en arrière. La différence avec les autres humains, c'est ce qu'il a réussi à découvrir et à partager avec tout le monde.

Ce qu'il a découvert, c'est la plus merveilleuse, la plus importante et la plus souhaitable des choses. Pour en arriver là, il a passé énormément de temps (pendant un très grand nombre de vies, dit-on) à s'efforcer de perfectionner toutes les qualités, comme la patience, la générosité ou la bienveillance.



La découverte de Bouddha

Mais quelle est cette chose que Bouddha a découverte et qui est la raison d'être de ce qu'on appelle le « Bouddhisme » ?
C'est le moyen d'arrêter la souffrance, complètement et pour toujours. Car le vrai bonheur, ça n'est pas d'avoir tout ce qui nous plaît, mais c'est juste de ne plus rien éprouver de désagréable.

Parce que même si on avait le monde à ses pieds et qu'on possédait tout, au bout de quelques jours, on finirait inévitablement par trouver qu'il manque encore quelque chose, ou que ceci ou cela ne va pas comme on veut. On pourrait aussi être malheureux à cause d'une maladie ou de n'importe quelle autre sorte de problème.

C'est pour ça que la chose la plus importante dans la vie, c'est d'arriver à la Paix, c'est-à-dire à ne plus jamais connaître de souffrance. Ce que Bouddha a découvert et a enseigné aux autres, c'est la manière d'arriver à cette Paix. Et pour ça, c'est à chacun de faire ce qu'il faut pour. Tout l'enseignement de Bouddha (qu'on appelle des fois « Bouddhisme » ou « dhamma ») sert à nous montrer comment il faut faire.

Pour résumer, il s'agit d'avoir une manière de vivre honnête et respectueuse, et tout le temps (à la maison, à l'école, ou ailleurs), éviter de faire des choses malsaines et négatives, essayer de faire des choses saines et positives, réfléchir sur les avantages et les inconvénients de toutes sortes de choses, développer des qualités (par exemple : être généreux, être attentionné, respecter les autres), etc.



La Paix pour tout le monde

Avant Bouddha, personne ne savait comment faire pour arriver à la véritable Paix, où il ne reste plus le moindre malheur. Tous ceux qui suivent correctement son enseignement finissent par obtenir cette Paix, qui est le bonheur parfait, parce que la racine de tous les problèmes a été détruite pour toujours. C'est pour ça que Bouddha est si respecté aujourd'hui encore.

Dans les petites histoires qui suivent, tu vas connaître quelle vie a eu Bouddha, comment il a découvert cette « voie qui mène à la Paix » et comment il s'est organisé pour l'enseigner aux autres...


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BAba

Message  AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 10:07

C'est quoi, le Bouddhisme ?


Le mot « bouddhisme » vient du mot « Bouddha ». Celui qu'on appelle « Bouddha », c'est quelqu'un qui a découvert la nature des choses telles qu'elles sont (parmi tout ce qui existe : la vie, l'univers, etc.) Il a été le seul capable de comprendre entièrement et par lui-même tout le processus de la vie : Le « bouddhisme », c'est donc l'enseignement de Bouddha, c'est la voie qu'il nous propose de suivre. Le Bouddhisme est donc avant tout une pratique qui a pour but la compréhension, et en tout cas pas une croyance.

Le Bouddhisme n'est pas une religion, même si beaucoup de gens le disent et pratiquent le Bouddhisme comme une religion.

Le Bouddhisme est fait par un moine qui a renoncé à tout pour pratiquer pleinement le Bouddhisme et qui respecte la discipline monastique. Ce n'est donc pas quelqu'un qui se contente d'étudier des textes. Il s'est pleinement consacré à la pratique pour pouvoir comprendre les choses par sa propre expérience.

C'est très important de préciser ça, parce que c'est seulement là-dessus que se base tout le Bouddhisme et toute la compréhension qu'on peut en avoir : c'est-à-dire la pratique !




Le Bouddhisme n'est pas une croyance


Si on ne fait rien d'autre que d'étudier le Bouddhisme, ça restera uniquement une distraction et une croyance. C'est très contradictoire, car le Bouddhisme sert à comprendre la réalité par soi-même. Si on adopte des croyances, c'est justement ce qui empêche de comprendre la réalité.

Il ne faut donc pas « croire », sinon, c'est comme si on était aveugle. Si on ne voit pas et qu'on marche là où on nous dit de marcher, on peut tomber dans un trou. Il est important de bien savoir où on va.

Il faut « voir », pour comprendre par soi-même. « Comprendre » est le point essentiel dans le Bouddhisme. Pour cela, il faut surtout observer, être attentif à ce qu'on fait, à son entourage, et s'entraîner à être aussi juste, honnête et généreux que possible.





Ça sert à quoi, le Bouddhisme ?


En résumé, le Bouddhisme, c'est un ensemble de bonnes habitudes à prendre pour arriver à comprendre correctement la réalité, et finalement, se libérer pour toujours de toutes les sortes de souffrances.

La pratique bouddhiste se base surtout sur le détachement (parce que tous les problèmes qu'on peut avoir sont dus aux attachements). Il y a en fait trois façons de pratiquer le bouddhisme. On peut choisir une ou plusieurs de ces façons, en fonction de ce qu'on veut ou de ce qu'on peut faire : la générosité, la vertu et la méditation.

La générosité, c'est aider les autres. C'est se défaire de ce tu as pour le donner à ceux qui en ont plus besoin que toi. C'est aussi donner de ton temps, savoir écouter les autres, apprendre à quelqu'un ce que tu sais, ou faire n'importe quoi qui puisse être bénéfique pour les autres.

La vertu, c'est avoir un bon comportement. C'est éviter de faire quoi que ce soit qui puisse faire du mal. Pour avoir une bonne vertu, tu dois avoir du respect pour tout. Si tu veux avoir une excellente vertu, il suffit de suivre correctement les 5 préceptes.

La méditation, c'est surtout développer la concentration et l'attention. De temps en temps, tu peux t'entraîner à porter toute ton attention sur des choses simples que tu fais. Par exemple, si tu marches, sois pleinement consciente que tu marches, sans penser à autre chose. Tu peux faire la même chose lorsque tu manges, lorsque tu débarrasses la table.

Ça peut paraître tout bête, mais ces petites habitudes n'apportent que des avantages : une meilleure compréhension des choses en général, un bien-être intérieur, du respect et de l'amitié de la part des autres, des facilités dans tout ce qui peut être fait, etc...





Une pratique concrète


Tu peux voir qu'il n'y a pas plus concret que la pratique bouddhiste. S'il y a des Bouddhistes qui font des rituels (offrir des fleurs à une statue, prier des esprits, faire des gestes précis en pensant que cela apporte de la chance...), c'est qu'ils n'ont pas compris ce qu'est la pratique bouddhiste, parce que Bouddha a bien expliqué que ces choses n'apportent rien.

C'est pourquoi il est très important de comprendre exactement ce que tu fais, et de pratiquer ce que tu peux vérifier par toi-même, et de ne pas pratiquer quelque chose seulement parce qu'autour de toi tout le monde fait ou parce qu'on te dit : « c'est comme ça qu'il faut faire ».



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Le Dhamma

Message  AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 10:10

Qu'est-ce que le dhamma ?


Le dhamma, c'est tout ce qui concerne la réalité et l'enseignement de Bouddha, qui consiste à comprendre la réalité pour se libérer de nos attachements (et donc de nos souffrances).

À la place du mot « Bouddhisme », il est mieux de dire « dhamma », car ce mot est plus précis. Il existe maintenant plein de formes de Bouddhismes qui sont très différentes de ce que Bouddha a enseigné. Pour cette raison, quand on dit « je pratique le dhamma », on sait qu'on parle de la réalité, de ce que Bouddha a dit.

Cependant, quels que soient les mots utilisés, n'oublie pas que le plus important, c'est de pratiquer sans attendre, car le grand avantage quand on est jeune, c'est qu'on voit les choses directement. Dans ces conditions, on peut comprendre facilement la réalité. Quand on est plus âgé, on se complique souvent les choses inutilement. On réfléchit parfois trop. Il est important de réfléchir à ce qu'on fait, mais si on réfléchit trop, on ne pratique plus.

Et ce n'est pas la peine de trop réfléchir, parce qu'il n'y a pas plus simple que le dhamma !

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Naissance de Bouddha

Message  AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 20:58

La naissance du futur Bouddha




Le rêve de la reine


Il était une fois, dans le royaume de Kapilavatthu, en Inde ancienne, un roi qui s'appelait Sudoddhana. Il épousa une belle princesse qui s'appelait Sirímahámáyá. Le roi et son épouse étaient si bienveillants et si bienfaisants que tout le monde les aimait dans le royaume.

Une nuit, la reine fait un rêve extraordinaire...

Quatre deva (des êtres qui vivent dans une sphère d'existence supérieure) soulèvent son lit et la transporte ainsi dans une forêt, dans laquelle ils posent le lit sur une grande pierre plate, à l'ombre d'un bel arbre en fleurs. Ensuite, les deva la lavent et lui mettent de magnifiques habits et de splendides fleurs, avec des parfums exquis. Ils la déposent sur une maison en or. Un éléphant d'un blanc éclatant s'approche, se fait tout petit et entre dans la reine par le côté de son ventre. Le rêve se termine comme cela.


Quand la reine raconte son rêve au roi, il en demande la signification aux astrologues de la cour, qui donnent tous la même réponse :

« La reine Sirímahámáyá a été choisie pour donner naissance à un être qui a des páramí complètes, un être très grand, un être très noble. »

Le roi et la reine sont réjouis par les paroles des astrologues. Pour partager leur joie, ils organisent un grand repas où tout le monde est invité, les riches comme les pauvres. Ils offrent aussi du tissu à ceux qui en ont besoin pour se faire des vêtements.




La naissance


Six mois après son rêve, la reine Sirímahámáyá a le désir d'aller à Devadaha, le royaume de ses parents. Le roi organise alors son voyage, en s'assurant qu'elle soit bien protégée et installée dans un palanquin magnifiquement décoré.

Sur le trajet, le cortège de la reine passe devant le bois de Lumbini, au pied de l'Himalaya. Ce bois est splendide, riche en fleurs très parfumées où les abeilles se régalent. Il y a aussi des oiseaux de toutes les couleurs qui planent au-dessus de saules. Comme l'endroit lui plait, la reine ordonne que le cortège s'y arrête, pour faire une pause dans la fraîcheur du bois.

Alors que la reine profite d'un agréable repos sous un Sal, son enfant naît. C'est lui qui, une fois grand, deviendra Bouddha.

Aussitôt, le bébé se met à marcher. Il fait sept pas en direction de l'Est. En restant debout, il dit :

« Je suis le plus noble dans cet univers.
Je suis le plus grand dans cet univers.
Je suis le plus digne d'éloges dans cet univers.
Je ne renaîtrai plus dans ce monde.
Je ne renaîtrai pas non plus dans un autre monde. »




La lecture des mains par l'ermite

Quelques temps plus tard, un ermite très doué en astrologie observe les mains du futur Bouddha et dit :

« Cet enfant est sûrement le futur Bouddha ».

Cette nouvelle met la joie dans le cœur de tout le monde. Ravi, l'ermite se met à rire. Ensuite, il pleure, son visage est marqué par une grande tristesse. Le roi lui demande pourquoi il rit, puis pourquoi après il pleure.


L'ermite explique au roi :
« D'abord, j'ai eu un rire de joie en pensant qu'il y aura de très nombreuses personnes qui vont se libérer pour toujours de la souffrance grâce à l'enseignement du futur Bouddha. Ensuite, j'ai pleuré parce que j'ai pris conscience que comme je suis très vieux, je ne serai plus de ce monde quand le futur Bouddha sera grand et enseignera le dhamma (l'enseignement de la réalité). »



Les huit brahmanes astrologues

Cinq jours après la naissance du futur Bouddha, le roi fait venir huit brahmanes astrologues très réputés. Après avoir étudié en détail les lignes de la main du bébé, les sept brahmanes les plus anciens sont d'accord sur le même point. Ils donnent leur avis au roi :

« Il y a deux possibilités. Quand ce bébé sera grand, s'il continue de vivre dans la société, il sera un roi très puissant et dominera le monde entier. S'il devient renonçant, il deviendra un bouddha pleinement éveillé. »

Le plus jeune des astrologues, quant à lui, ne voit qu'une seule possibilité :
« Cet enfant est le futur Bouddha ».


Très surpris par ces prédictions, le roi leur demande :
« Comment est-il possible que mon fils se lasse de la vie de prince, quitte le palais pour aller vivre dans la forêt sans rien ? C'est aberrant ! »


Le plus jeune des astrologues lui répond :
« Cet enfant a des páramí complètes, il n'a plus aucun attachement aux sensations. Quand il rencontrera les 4 grands signes (le vieillard, le malade, le mort et le renonçant), il quittera le palais pour vivre comme un ascète, jusqu'à devenir un bouddha. »

Le roi n'apprécie pas du tout l'idée que son fils pourrait devenir un renonçant. La seule chose qui puisse le satisfaire, c'est qu'il devienne le plus puissant des rois. Il décide donc de retenir son fils à l'intérieur du palais, en veillant à le préserver du moindre contact extérieur, afin qu'il ne rencontre pas les 4 grands signes.
Pour s'en assurer, il fait rechercher tous ceux qui correspondent à ces signes et les fait mettre en dehors d'une si vaste zone autour du palais qu'on ne peut même pas entendre le meuglement d'une vache qui se trouve à l'extérieur.
Le futur Bouddha, encore bébé, prend le nom de Siddharta.



Une nouvelle maman

Sept jours après la naissance du prince Siddhattha, sa mère, la reine Sirímahámáyá, meurt. C'est alors sa tante qui s'occupe du jeune prince, comme s'il était son propre enfant. Elle s'appelle Mahápajápati Gotamí. Elle peut l'allaiter elle-même, car peu après, elle donne naissance à un petit garçon, qui portera le nom de Nanda.


Dernière édition par AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 21:15, édité 1 fois

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Jeunesse de Bouddha

Message  AdOrinu le Mar Aoû 03 2010, 21:12

L'enfance du prince Siddhattha




La première méditation

Quand le jeune prince avait un mois, le roi Sudoddhana s'est rendu dans les champs pour labourer lui-même, une matinée entière, sans relâcher ses efforts. Les paysans et les gens d'autres castes le regardent avec admiration. Il s'agit d'une grande tradition annuelle. D'après cette tradition, les gens pensent que si le roi laboure lui-même un champ, les prochaines récoltes seront abondantes dans tout le royaume.

Pendant que le roi travaille la terre, le jeune Siddhattha est installé à l'ombre d'un arbre à baies. Les femmes chargées de surveiller le bébé finissent par l'oublier complètement, tant elles sont curieuses d'observer la démonstration de labourage du roi. Le jeune prince se retrouve donc seul pendant toute la matinée. Il se redresse en position assise, et se met naturellement à méditer, en se concentrant sur la sensation de l'air qui entre et qui sort par le nez. Rapidement, il parvient à un grand stade de concentration.




La construction des trois palais

Quand le prince atteint l'âge de seize ans, son père fait construire pour lui trois somptueux palais. Il y en a un pour chacune des trois saisons asiatiques. Un pour la saison des pluies, un pour la saison fraîche, et un autre pour la saison chaude.


Chacun de ces trois palais est entièrement recouvert d'or. Le roi veille avec beaucoup de soins à donner à son fils le meilleur. Le jeune Siddhattha obtient alors les meilleures choses pour satisfaire les plaisirs des cinq sens. Les plus belles décorations et des spectacles de danse magnifiques pour le plaisir des yeux. Les musiques les plus mélodieuses pour le plaisir des oreilles. Les repas les plus raffinés et les boissons les plus exquises pour le plaisir du goût. Les fleurs et les encens les mieux parfumés pour le plaisir du nez. Les massages les plus délicats pour le plaisir du corps.

En réfléchissant, le roi se dit que si son fils se marie, il ne renoncerait pas et resterait au palais, devenant le plus grand des rois, et que lui-même aurait alors l'honneur d'être le père du plus grand des rois. Dans ce but, il décide de marier son fils.




La demande de la main de la fille du roi Subbabuddha

Le roi Sudoddhana demande pour son fils la main de la fille du roi Subbabuddha. Ce dernier répond :
« Le prince Siddhattha n'a aucun savoir, on ne lui a jamais rien enseigné, son père ne lui a rien appris. C'est un bel homme, mais rien de plus. Il est donc inutile ; une telle personne ne mérite pas ma fille. »

Le roi Sudoddhana parle de ce refus avec son fils Siddhattha, qui dit alors :
« Je n'ai pas besoin d'apprendre quoi que ce soit, je possède déjà toutes les connaissances. Qu'est-ce que tu veux que je te montre ?

— Le tir à l'arc ! »


Le roi a répondu sans hésitation, il sait très bien que le tir à l'arc est la chose la plus difficile. C'est aussi ce qui représente le mieux la puissance et l'habileté pour un prince qui en a une bonne maîtrise.




Les capacités du prince Siddhattha

Afin de prouver ses capacités à son père, le prince Siddhattha se tient debout sans la moindre protection, et ordonne à quatre archers de se placer autour de lui et de tirer sur lui une flèche chacun, tous en même temps. Alors que les quatre flèches sont lâchées simultanément à très grande vitesse sur le prince, il les esquive d'un geste sûr et gracieux. Dans le même élan, il renvoie les quatre flèches au centre du bouclier de chacun des quatre archers.

Ensuite, le prince Siddhattha accomplit encore beaucoup d'autres exploits. Entre autres, il monte sur des éléphants et des chevaux, tout en faisant des figures très difficiles et très spectaculaires. Il montre ses talents de lancer au couteau, tout aussi surprenants. À chaque fois, tout le monde applaudit et crie d'admiration, ce qui donne au palais tout entier un air de grande fête. Comme le prince fait connaître ses capacités exemplaires dans tous les domaines, il obtient une grande célébrité.
Le mariage du prince Siddhattha avec la princesse Yasodhará

Maintenant, le roi Subbabuddha est heureux et fier de donner la main de sa fille au prince. Il l'envoie au palais de Kapilavatthu. Peu avant le mariage, de nombreux cadeaux sont offerts au palais. En plus de cadeaux, beaucoup de personnes de haute caste envoient aussi leur fille, en espérant que le jeune prince la choisira pour épouse.

Le jour du mariage, il choisit néanmoins la princesse Yasodhará. On dit qu'elle est aussi exquise que l'or. Toutes les filles qui s'occupaient de la princesse quand qu'elle vivait encore dans le palais de son père l'ont suivie au palais du prince Siddhattha.

Dès son mariage, le jeune prince vit avec la princesse Yasodhará dans le bonheur, le confort et le luxe.
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Les 4 grands signes

Message  AdOrinu le Mer Aoû 04 2010, 13:01

Les 4 grands signes




Le vieillard


Un jour, quand le prince Siddhattha avait vingt-huit ans, il est sorti du palais pour se rendre dans le magnifique jardin royal de Kapilavatthu. Le char qui le transporte alors est tiré par quatre chevaux. La princesse l'accompagne, ainsi que le cocher, des soldats et quelques personnes de la cour. Juste en arrivant devant le jardin royal, le prince voit le premier des quatre grands signes : un vieillard. Il tremble en se tenant sur sa canne. Durant toute sa vie, le prince, n'a vu que des jeunes personnes. Il est très surpris, et même choqué.


Il en parle avec le cocher :
« Cet homme n'est pas comme les autres. Il n'a plus de dents, ses cheveux sont tout blancs, sa peau est fripée, complètement ridée, son dos est tout courbé. On dirait qu'il n'a plus que la peau sur les os, et il tremble. Qui est-ce ?

— C'est un vieillard. Une personne devenue très âgée.

— Auparavant, je n'ai vu de personnes comme lui, et je n'en ai jamais entendu parler, non plus. Comment se fait-il qu'il soit comme ça ? Expliquez-moi !

— Quand on vit pendant longtemps, quand le temps passe, on finit par devenir comme cela, tout le corps dépérit.

— Moi aussi, je vais inévitablement devenir comme ça, un jour ?

— Tous les êtres vieillissent de cette façon. Quand on a un corps, on finit inévitablement par connaître la vieillesse.

— Je peux donc moi aussi connaître la vieillesse. Je suis tellement bouleversé que ne veux plus aller au jardin. Faites demi-tour et rentrons au palais ! »


Avoir vu le premier des quatre grands signes donne au jeune prince une grande prise de conscience. Il est épouvanté en pensant qu'il ne restera pas jeune indéfiniment. Le roi est étonné de voir le char du prince revenir si vite au palais.

Il questionne le cocher :
« Comment se fait-il que vous n'êtes pas restés au jardin royal ?

— Le prince n'a même pas voulu y entrer tellement qu'il est bouleversé, Sire.

— Qu'est-ce qui a pu le bouleverser à ce point ?

— Il a vu un vieillard, Sire. »


Le roi comprend aussitôt ce que son fils a dû ressentir en voyant cela. Il s'inquiète, car il pense qu'un autre jour, son fils risque de découvrir les trois autres signes. Pour cette raison, il fait mettre les personnes qui correspondent à ces trois autres signes en dehors d'une zone qui s'étend deux fois plus loin qu'avant. En plus de cela, le roi fait donner encore plus de réjouissances et de distractions pour le prince. Ainsi, il pense que son fils oubliera la vision choquante qu'il a eue.




Le malade


Quatre mois plus tard, comme le prince Siddhattha a de nouveau le désir d'aller au jardin royal, les gens de la cour préparent le char. Juste avant d'entrer dans le jardin, le prince voit le deuxième des quatre grands signes : un malade. Il n'a même pas la force de bouger, son corps est recouvert de pustules. Durant toute sa vie, le prince, n'a vu que des personnes en bonne santé. Il est très surpris, et même choqué.

Il en parle avec le cocher :
« Cet homme n'est pas comme les autres. Ses yeux sont ternes et à peine entrouverts. Il gémit comme s'il ressentait sans arrêt de la douleur. On dirait qu'il est complètement faible. Qui est-ce ?

— C'est un malade. C'est une personne qui a une maladie.

— Auparavant, je n'ai jamais vu de personnes comme lui, et je n'en ai jamais entendu parler, non plus. Comment se fait-il qu'il soit comme ça ? Expliquez-moi !

— Le corps de cet homme est affecté par une maladie, c'est-à-dire un problème de santé. Il existe de nombreuses maladies.

— Moi aussi, je vais inévitablement connaître ça, un jour ?

— Tous les êtres attrapent des maladies, un jour ou l'autre. Personne ne peut y échapper, personne ne peut rester toujours en parfaite santé. Quand on a un corps, on peut avoir des souffrances physiques diverses.

— Je peux donc moi aussi connaître la maladie. Je suis tellement bouleversé que ne veux plus aller au jardin. Faites demi-tour et rentrons au palais ! »


Avoir vu le deuxième des quatre grands signes donne au jeune prince une grande prise de conscience. Il est accablé en pensant qu'il ne restera pas en bonne santé indéfiniment. Le roi est étonné de voir le char du prince revenir si vite au palais.


Il questionne le cocher :
« Comment se fait-il que vous n'êtes pas restés au jardin royal ?

— Le prince n'a même pas voulu y entrer tellement qu'il est bouleversé, Sire.

— Qu'est-ce qui a pu le bouleverser à ce point ?

— Il a vu un malade, Sire. »


Le roi comprend aussitôt ce que son fils a dû ressentir en voyant cela. Il s'inquiète, car il pense qu'un autre jour, son fils risque de découvrir les deux autres signes. Pour cette raison, il fait mettre les personnes qui correspondent à ces deux autres signes en dehors d'une zone qui s'étend trois fois plus loin qu'avant. En plus de cela, le roi fait donner encore plus de réjouissances et de distractions pour le prince. Ainsi, il pense que son fils oubliera la vision choquante qu'il a eue.




Le mort


Quatre mois plus tard, le prince Siddhattha souhaite encore aller au jardin royal. Juste avant d'entrer dans le jardin, le prince voit le troisième des quatre grands signes : un mort. Autour de lui, un groupe de gens est en train de préparer la cérémonie funéraire. Durant toute sa vie, le prince, n'a vu que des personnes en vie, et il était convaincu que tout le monde vivait éternellement. Il est très surpris, et même choqué.


Il en parle avec le cocher :
« Que font ces gens ?

— Ils préparent un palanquin pour transporter un mort.

— Auparavant, je n'ai jamais vu de mort, et n'en ai jamais entendu parler, non plus. Emmenez-moi voir cette personne morte ! »

Le cocher avance le char, et le prince en descend, puis s'approche du mort pour l'observer de près. Le cadavre a la peau blanchâtre, d'un aspect lugubre, il commence déjà à se décomposer. Le prince est très surpris de voir qu'un être humain puisse devenir aussi répugnant.



Il interroge le cocher :
« Comment expliquez-vous la mort ?

— Quand on devient mort, on ne revoit plus jamais sa famille, ni ses amis.

— Moi aussi, je serai mort, un jour ? Est-ce que je vais inévitablement connaître la mort ? Moi aussi, un jour, je ne reverrai plus jamais ma famille, ni mes amis ? (Le prince ne savait pas que sa mère était morte, car le jour de son décès, il n'avait que sept jours, et depuis, on lui a toujours laissé croire que sa tante était sa vraie mère).

— Tous les êtres de l'univers connaîtront la mort. Le corps de tout le monde finit par mourir et dépérir de cette façon. Vous aussi, un jour vous serez mort, et alors, vous ne reverrez plus votre famille, ni vos amis.

— Je peux donc moi aussi connaître la mort. Je suis tellement bouleversé que ne veux plus aller au jardin. Faites demi-tour et rentrons au palais ! »


Avoir vu le troisième des quatre grands signes donne au jeune prince une grande prise de conscience. Il est effrayé en pensant qu'il ne restera pas tout le temps vivant. Le roi est étonné de voir le char du prince revenir si vite au palais.


Il questionne le cocher :
« Comment se fait-il que vous n'êtes pas restés au jardin royal ?

— Le prince n'a même pas voulu y entrer tellement qu'il est bouleversé, Sire.

— Qu'a-t-il bien pu le bouleverser à ce point ?

— Il a vu un mort, Sire. »


Le roi comprend aussitôt ce que son fils a dû ressentir en voyant cela. Il s'inquiète, car il pense qu'un autre jour, son fils risque de découvrir le dernier des quatre signes. Pour cette raison, il fait mettre les personnes qui correspondent à ce signe en dehors d'une zone qui s'étend quatre fois plus loin qu'avant. En plus de cela, le roi fait donner encore plus de réjouissances et de distractions pour le prince. Ainsi, il pense que son fils oubliera la vision choquante qu'il a eue. Néanmoins, le jeune prince veut rester seul dans sa chambre, parce qu'il est trop choqué par ce qu'il a vu.

Tout seul, il songe :
« Ainsi, dans le monde, tous les êtres doivent mourir un jour ou l'autre. Personne n'a découvert comment éviter ça. Il doit bien y avoir un moyen d'y arriver. Je dois trouver la solution et en faire profiter à tout le monde ! »




Le renonçant


Quatre mois plus tard, comme le prince Siddhattha a de nouveau le désir d'aller au jardin royal, les gens de la cour préparent le char. Juste avant d'entrer dans le jardin, le prince voit le dernier des quatre grands signes : un renonçant. Il a le crâne et le menton rasés, et il est habillé d'un simple tissu (couleur de terre). Il est assis et immobile, et s'entraîne à développer la concentration. Durant toute sa vie, le prince, n'a vu que des personnes occupées à diverses activités. Il est surpris, et intrigué.


Il en parle avec le cocher :
« Ce personnage n'est pas comme les autres. Il a l'air noble et serein. Il n'a pas de cheveux, ni de barbe. L'habit qu'il porte n'est pas comme celui des autres non plus. Qui est-il ?

— C'est un renonçant.

— C'est quoi, un renonçant ?

— C'est une personne qui s'entraîne pour essayer de se libérer de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Sa générosité est sans limite. Il s'entraîne sans relâche au développement d'une conduite parfaite. Il ne consacre sa vie qu'à cela, il porte sur lui ce simple tissu. Il renonce à tous les plaisirs de la vie laïque. Une personne comme lui est appelée un renonçant. Un renonçant, c'est une personne qui est proche du dhamma (connaissance juste de la réalité), qui ne commet pas de faute, qui observe une conduite pure. Il sait que sa pratique est bonne. Il n'embête pas les autres, il prend toujours soin des autres, il ne veut que le bien pour tout le monde. Il comprend que c'est bien.

— J'ai beaucoup d'admiration pour des personnes comme ça, qui s'entraînent pour se libérer de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Voilà une noble manière de vivre ! »

Comme le prince souhaite parler directement au renonçant, il s'approche de lui, et lui adresse les mêmes questions qu'il vient de poser au cocher. Le renonçant lui donne les mêmes réponses. Alors, le prince le félicite pour sa noble façon de vivre.

Très heureux, le prince entre dans le jardin royal. Il s'assoit à l'ombre d'un bosquet, et savoure les délicieux parfums des fleurs, qui ont des couleurs aussi belles que le ciel d'un coucher de soleil. Le prince pense à la découverte qu'il vient de faire, il connaît alors le plus intense des bonheurs.

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La décision

Message  AdOrinu le Mer Aoû 04 2010, 13:40

La naissance de Ráhulá

La princesse Yasodhará n'est pas venue au jardin cette fois-ci, car elle est enceinte. Le prince Siddhattha reste jusqu'à la fin de la journée dans le jardin royal, en profitant paisiblement de la beauté de l'endroit et de sa tranquillité. Pendant ce temps, son épouse met au monde un petit garçon. Un messager est vite envoyé au jardin pour informer le prince. Quand il apprend que son fils est né, le jeune prince se sent très triste.



Il dit à voix haute :
« J'avais de l'attachement pour mon épouse, et à présent, ce problème est multiplié par deux. La naissance de mon fils est un attachement supplémentaire qui m'emprisonne encore plus. Le malheur que je ressens tout d'un coup est comme la lune qui se retrouve dans l'ombre d'une éclipse. »

Quelqu'un est allé répéter ces paroles au roi Sudoddhana. Il donne alors le nom de son petit-fils qui vient de naître. Il l'appelle Ráhulá, ce qui veut dire « éclipse de lune » en pali. Après avoir passé toute la journée dans le jardin, le prince Siddhattha rentre dans son palais, où a lieu une grande fête, organisée par le roi. Il a invité les meilleurs danseurs et les meilleurs chanteurs du royaume pour fêter la naissance de son petit-fils Ráhulá, mais surtout pour tenter de rendre le prince joyeux, car il n'est plus satisfait de son existence de prince. Le roi fait très attention au bonheur de son fils, parce qu'il veut qu'il devienne un très grand roi.



Les paroles de la princesse Kiságotamí

Sur le chemin du retour, un peu avant d'arriver au palais, le prince Siddhattha croise une jeune princesse, nommée Kiságotamí.

Dès qu'elle voit le prince, elle lui dit :
« Oh ! Votre mère doit être comblée de bonheur ! Votre père doit être comblé de bonheur ! Votre épouse doit être comblée de bonheur ! »



Quand il entend ça, le prince se dit :
« Ce n'est pas possible ! Comment est-ce que la mère, le père et l'épouse de quelqu'un qui a encore des impuretés mentales pourraient être comblés de bonheur ? Ce n'est qu'une fois qu'on a éliminé l'avidité, l'aversion et l'ignorance qu'il y a de quoi être comblé de bonheur. Ce n'est qu'une fois qu'on est libéré de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort qu'on peut vraiment connaître le bonheur. »


Ensuite, il prend une grande décision :
« Cette nuit, je vais partir dans la forêt à la recherche de la Paix, je vais tout faire pour me libérer de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. »




L'écœurement des plaisirs

En rentrant au palais, le prince Siddhattha s'installe tout de suite dans le salon principal, sans prendre la peine de monter dans la chambre où se trouvent la princesse et son bébé. Dans le salon, il s'allonge sur son vaste trône, abrité par une large ombrelle blanche. En face de lui et sur les côtés des belles jeunes femmes dansent, d'autres jouent des musiques agréables, d'autres encore, chantent des mélodies plaisantes. Toutes ces femmes sont richement vêtues, soigneusement coiffées et agréablement parfumées.

À l'inverse des jours précédents, le prince n'éprouve plus le moindre plaisir à ces réjouissances. Il supporte de moins en moins les impuretés mentales, même quand elles sont très légères. Sans faire attention à la beauté du spectacle et de la musique, le prince s'endort. Quand les femmes présentes dans le salon le voient dormir, elles n'osent plus faire de bruit, pour ne pas le déranger. Elles n'osent pas s'en aller, non plus, car personne ne leur a donné l'ordre de partir.

Comme le temps passe et que le prince dort toujours, tout le monde s'endort aussi sur place : les danseuses, les musiciennes, les serviteuses. Les corps étaient éparpillés en désordre, dans tout le salon. Il y a des femmes qui laissent pendre leur langue, qui ronflent, qui bavent, qui râlent, qui parlent pendant le sommeil, qui mâchonnent, qui gardent la bouche grande ouverte...


Après le milieu de la nuit, le prince se réveille. Quand il regarde autour de lui, il est dégoûté de voir ces belles femmes qui deviennent si laides une fois qu'elles sont endormies. Cette vision l'écœure tellement que maintenant, il est complètement rassasié des impuretés mentales. Ces femmes allongées n'importe comment dans tous les coins lui fait penser à un charnier en désordre, où les cadavres sont entassés dans tous les sens. Le prince songe :

« Dire que je suis resté insouciant dans les plaisirs pendant vingt-huit ans ! »

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Le départ pour la forêt

Message  AdOrinu le Jeu Aoû 05 2010, 14:23

Le départ du palais

Le prince Siddhattha décide alors de partir aussitôt pour la forêt. Il descend en bas du palais, où dort tranquillement Channa, son fidèle serviteur. Il dort toujours à demi éveillé devant l'entrée du palais, en prenant garde à ce que personne ne vienne déranger le prince pendant son sommeil. Le prince le réveille et lui ordonne d'aller préparer Kandaka. Kandaka, c'est le nom du cheval princier. Il a une intelligence exceptionnelle.

Comme le prince n'avait pas encore vu son fils, il voulait au moins le voir une fois avant de partir. Il monte donc dans la chambre où se trouve la princesse, et soulève le rideau du lit. En voyant son fils, qui dort paisiblement auprès de sa maman, il veut le prendre dans ses bras. Mais il pense que cela ne serait pas raisonnable : il risquerait de réveiller la princesse, il si tel était le cas, il ne pourrait plus partir pour la forêt. Il retient donc son désir et part sans avoir touché son fils.


À ce moment-là, il pense :
« Je dois partir sans tarder. Quand j'aurai trouvé ce que je cherche, je reviendrai. Je pourrai alors voir mon fils, et revoir sa mère. »

En sortant, le prince s'approche de Kandaka (son cheval) et lui dit à l'oreille :
« Aide-moi à partir dans la forêt, pour que je puisse accomplir mon devoir ! Pour qu'ensuite je puisse montrer à tous les êtres comment casser la chaîne qui les retient prisonniers dans les plaisirs. »

Le prince monte sur son cheval, et Channa s'accroche à la queue du cheval, qui part au galop en direction de la forêt. Plus tard, ils arrivent devant une grande rivière, que le cheval traverse d'un seul bond.




Le jeune Siddharta descend de son cheval et demande à Channa :
« Comment s'appelle cette rivière ?

— Elle s'appelle Anomá (la rivière noble), prince.

— Cet endroit me semble très bien pour renoncer à mon statut de prince et prendre des habits de renonçant. »


Sans attendre, le futur Bouddha abandonne tous ses bijoux et toutes ses parures à Channa.



La coupe des cheveux

Avec son couteau, le jeune Siddhattha coupe d'un seul coup sa longue chevelure, et la lance vers le ciel, en disant :

« Puissent ces cheveux ne pas retomber sur terre si je devais devenir Bouddha (dans cette vie même) ».


Quand les cheveux sont encore en l'air, le deva les attrape. Ensuite, un être qui vit dans une sphère encore plus haute donne au jeune Siddhattha les huit affaires utiles pour un renonçant : trois tissus (pour s'habiller avec), un grand bol, une ceinture, une aiguille avec du fil, un filtre à eau et une lame (pour se raser la tête et la barbe). Le jeune renonçant abandonne alors ses vêtements de prince, et met aussitôt les tissus qui viennent de lui être donnés. Dès cet instant commence sa vie de renonçant. Il change de nom ; désormais, il s'appelle Gotama.




Il dit à son fidèle serviteur :
« Channa, maintenant me voilà renonçant. Je vais partir seul dans la forêt. Rentrez au palais avec Kandaka.

— Noble renonçant, je veux rester tout le temps avec vous. Je peux devenir renonçant également.

— Non, Channa, vous devez retourner au palais, pour informer mon père et ma belle mère que je suis parti pour la forêt. »

En obéissant au renonçant, Channa et Kandaka se mettent en route. Quand Channa arrive devant le palais, il voit le roi, la reine, ainsi que tous les gens de la cour, qui attendent à l'extérieur. Ils sont tous très inquiets, en espérant le retour du prince. Channa leur raconte en détail le départ du prince pour la forêt. Tout le monde devient très triste et pleure quand Channa explique que le prince est devenu renonçant et qu'il a décidé de vivre dans la forêt.



Le premier repas reçu avec le bol

Tout près de la rivière Anomá, se trouve une forêt de manguiers. Le renonçant Gotama entre dans cette forêt pour y trouver une place convenable pour sa vie de renonçant. Pour se nourrir, il mange les fruits qu'il trouve dans la forêt. Plus tard, il se dirige vers le royaume de Rájágaha, où il arrive un mois plus tard.

Dès qu'il arrive dans la capitale du royaume, le jeune renonçant décide d'aller collecter son repas avec son bol, en attendant debout devant les habitations. Dans ce royaume, personne ne le connaît, mais il rayonne d'une si grande pureté et il paraît tellement noble que toutes les personnes qui le voient ont tout de suite beaucoup d'admiration pour lui. En très peu de temps, toute la ville se met à parler de lui, en disant que c'est un être extraordinaire, rayonnant comme la lumière.

Après sa collecte, le renonçant Gotama s'assoit à l'ombre de la montagne pour prendre son repas. Quand il ouvre le couvercle de son bol, il est tellement dégoûté qu'il a presque envie de vomir. Il a tellement eu l'habitude de manger des plats très raffinés du palais depuis l'enfance, que la nourriture offerte par les gens du peuple, parfois très pauvres, lui paraît de très mauvaise qualité en comparaison. Mais il se ressaisit, en se parlant à lui-même :

« N'oublies pas que tu cherches la Libération. Quand tu étais prince, tu mangeais les meilleures plats et le plus parfumé des riz. Maintenant, tu as choisi de renoncer à toutes ces choses, en vue de parvenir au plus grand des buts : nibbána (l'Éveil, la Paix totale, le bonheur parfait). Tu dois accepter tout ce qu'on te donne, sans faire le difficile. Ce n'est que comme cela que tu finiras par parvenir à nibbána. Comment est-ce que tu peux obtenir des bénéfices si tu commences à suivre les moindres désirs de ce corps, qui n'est rien d'autre qu'une chose répugnante ? »




Cela dit, le renonçant Gotama prend son repas. Comme le roi Bimbisára a été mis au courant de la présence du noble renonçant, il s'est déplacé lui-même pour le voir. Il arrive juste quand il termine son repas. Quand le roi voit le renonçant, il est rempli de joie et de vénération. Sans attendre, il lui parle :

« Qui êtes-vous ?

— Je suis le fils du roi Sudoddhana.

— Comme vous êtes encore jeune et si rayonnant ! Soyez un roi ! Je vous donne la moitié de mon royaume !

— La richesse d'un roi est totalement futile ! Ça ne sert qu'à entretenir les impuretés mentales et à rester encore dans le samsará (le cycle des renaissances). Je viens de renoncer à un royaume. Ce n'est pas pour en prendre un autre. Je considère la richesse comme un vulgaire crachat. J'ai renoncé à tout ça de la même façon qu'on crache quelque chose de dégoûtant.

— sádhu ! sádhu ! sádhu ! Je vous souhaite de vous entraîner dans les meilleures conditions possibles, pour le plus grand des succès ! Une fois que vous serez devenu un être éveillé, venez d'abord dans notre royaume pour enseigner le dhamma (la voie qui mène au bonheur parfait) !

— D'accord, le temps venu, je viendrai dans votre royaume. »


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Les 6 ans d'ascétisme

Message  AdOrinu le Jeu Aoû 05 2010, 14:59

Les 6 ans d'ascétisme





Les premières expériences méditatives

Le jeune renonçant poursuit son chemin dans la profonde forêt. Après une longue marche, il rencontre un ascète qui se nomme Álára. Le renonçant Gotama commence sans attendre un entraînement à samatha, en respectant bien les instructions de son nouveau maître. Le jour même, il atteint de très hauts degrés de concentration, ce qui surprend fortement Álára. Comme le renonçant ne veut pas s'arrêter en si bon chemin,

il demande à l'ascète :
« Maître, quelles sont les instructions que je dois suivre maintenant, pour continuer mon cheminement vers la connaissance ?

— Je ne suis pas capable de vous le dire.

— Qu'est-ce que vous ne m'avez pas encore enseigné ?

— Rien de plus que ce que vous savez déjà. »


Le jeune renonçant est très déçu, et frustré de ne pas savoir comment poursuivre son entraînement. Comme l'ascète est content des résultats élevés et rapides du renonçant, il lui propose de diriger avec lui tous ses disciples. Néanmoins, comme le renonçant Gotama n'est pas intéressé, la seule chose qu'il cherche, c'est nibbána, la fin du cycle des naissances, des vieillesses, des maladies et des morts. Le jeune renonçant n'est pas satisfait par ses expériences, car si elles apportent la tranquillité du mental et l'apaisement des impuretés mentales, il sait que ça n'est pas de manière définitive.

Le renonçant décide alors de poursuivre sa route à travers la grande forêt, dans laquelle il rencontre un autre ascète, connu sous le nom d'Udaka. Lorsque le jeune renonçant est accepté comme disciple, il commence aussitôt son nouvel entraînement, parvenant le jour même à un niveau de méditation nettement plus haut, ce qui surprend fortement Udaka. Comme le renonçant ne veut pas s'arrêter en si bon chemin,

il demande à l'ascète :
« Maître, quelles sont les instructions que je dois suivre maintenant, pour continuer mon cheminement vers la connaissance ?

— Je ne suis pas capable de vous le dire.

— Qu'est-ce que vous ne m'avez pas encore enseigné ?

— Rien de plus que ce que vous savez déjà. »


Le jeune renonçant est, une fois de plus, très déçu, et frustré de ne pas savoir comment poursuivre son entraînement. Comme l'ascète est content des résultats élevés et rapides du renonçant, il lui propose de diriger avec lui tous ses disciples. Néanmoins, comme le renonçant Gotama n'est pas intéressé, la seule chose qu'il cherche, c'est nibbána, la fin du cycle des naissances, des vieillesses, des maladies et des morts. Le jeune renonçant n'est pas satisfait par ses expériences, car si elles apportent la tranquillité du mental et l'apaisement des impuretés mentales, la connaissance des vies passées et la vision à distance, il sait que ça n'est pas de manière définitive.

Le renonçant reprend de nouveau son chemin à travers la forêt. Plus tard, il arrive dans le bois d'Uruvela. C'est un lieu d'un calme exceptionnel et d'une grande beauté. Là, il rencontre cinq renonçants, qui se nomment Kondañña, Vappa, Bhaddiya, Mahánáma et Assaji. Ils sont réjouis de voir arriver le jeune renonçant, car ils avaient prédit que le futur Bouddha allait arriver. Comme ils l'attendaient, ils savaient que c'était lui. Ils se mettent dès lors à pratiquer non loin de lui.



Un ascétisme très sévère

À l'époque, personne n'était encore parvenu à l'Éveil. Dans les royaumes qui s'étendent sur ce qui deviendra l'Inde, il y a plusieurs croyances sur la façon d'y arriver. Les plus grands maîtres sont d'accord sur une façon en particulier : les austérités. Ce sont des pratiques très sévères qui consistent à se priver de presque tout. Certains vont jusqu'à se laisser mourir avec ces pratiques.

Comme il croit lui aussi que ces austérités peuvent lui donner la sagesse nécessaire à la connaissance juste de la réalité, le renonçant Gotama s'installe sous un arbre du bois d'Uruvela se met à les pratiquer de façon extrême. Il décide de se nourrir seulement avec ce qu'il trouve par terre : des fruits, parfois pourris, des champignons, des feuilles... Après plusieurs mois, il décide de manger seulement ce qui tombe jusqu'à lui, car il pense que le fait d'avoir à chercher de la nourriture dans la forêt l'empêche de parvenir au stade de Bouddha.

Au fil des mois, comme il ne constate toujours aucun progrès, il décide de pratiquer son ascèse de manière encore plus sévère. Entre autres, il limite sa nourriture à un seul pois ou à une seule cuillère de haricots bouillis par jour, il s'empêche de respirer pendant très longtemps. En pratiquant de cette manière, il a des douleurs si terrifiantes à travers tout le corps que personne n'aurait été capable de les supporter sans mourir. Malgré cela, il continue sans relâche, car sa volonté est illimitée. Sa douleur ne cesse d'augmenter. C'est comme si tout son corps était rôti au-dessus d'un grand feu. Son entraînement est si sévère qu'il frôle la mort. Ce terrible ascétisme dure en tout six ans. Au bout de cette période, l'apparence du renonçant Gotama a complètement changé.

À cause du manque d'alimentation, il est devenu excessivement rachitique, pâle et faible. Sa peau est sèche comme celle d'un poisson séché, elle est devenue toute sombre, alors qu'elle avait une belle couleur dorée. Ses yeux sont complètement enfoncés dans leurs orbites. Ses jambes sont comme des bambous. Ses fesses sont ratatinées comme le sabot d'un chameau. Il n'a même plus la force de se lever.


L'ascète Gotama fini par se dire :
« Aucun être n'est jamais allé et ne peut aller aussi loin dans ces pratiques. Pas un seul humain n'est capable de supporter autant d'oppression et de douleur. Je suis parvenu aux limites de la mort. Or, toutes ces pratiques ne m'ont nullement mené à nibbána, et encore moins au stade de bouddha. Cela n'est donc pas la bonne voie. Je vais arrêter de la suivre ; je vais accepter de nouveau la nourriture des villageois pour redonner des forces à mon corps. Maintenant, je vais pratiquer sans exagérer un effort dans un sens ou dans l'autre. Je vais pratiquer en équilibrant la confiance, l'intelligence, l'effort et la concentration. »

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L'Eveil

Message  AdOrinu le Jeu Aoû 05 2010, 15:10

L'éveil de Bouddha




La voie moyenne

Une fois qu'il a pris cette décision raisonnable, il se remet à manger peu à peu les fruits qu'il trouve près de lui, pour retrouver suffisamment de forces pour se lever et aller recevoir de la nourriture au village à l'aide de son bol. Quelques jours plus tard, il retrouve sa belle apparence d'avant, et suffisamment d'énergie pour poursuivre sa pratique dans les meilleures conditions.

Quand les cinq ascète voient le renonçant Gotama se remettre à manger la nourriture offerte par les villageois, il décident de le quitter. Ils sont très déçus, car ils pensent que le futur Bouddha a abandonné sa pratique et qu'il recherche le confort et la facilité. Ils partent tous les cinq vers la forêt d'Isipatanamigadá, où ils poursuivent leurs austérités. L'ascète Gotama continue donc tout seul sa pratique.

Pour son repas, il reçoit de la part d'une villageoise un fromage de grande qualité, grâce auquel il obtient beaucoup d'énergie pour sa méditation. Avant de manger, l'ascète Gotama descend au bord de la rivière Nerañjará, dans laquelle il prend un bain pour se laver. Ensuite, il s'assoit au bord de cette rivière, et prend son repas.

Quand il a terminé, il pose son bol sur la surface de la rivière, en prenant une détermination :
« Que ce bol se dirige à contre-sens du courant de la rivière si je peux devenir Bouddha aujourd'hui ! »

Dès qu'il lâche son bol, celui-là remonte le courant sur environ quarante mètres, avant de couler dans les eaux de la rivière.



La dernière assise avant l'Éveil

Ensuite, le renonçant Gotama pénètre dans une forêt saules située près de la rivière, pour poursuivre sa méditation. En fin de journée, il s'installe sous un banian, un « arbre de l'Éveil ». Il s'assoit en pliant les jambes devant lui.

Là, il prend une détermination irréversible :
« Quoi que devienne mon corps, que sa chair et son sang sèchent de sorte à ne laisser que les os, la peau et les tendons ; je ne me lèverai pas de cet endroit tant que je ne serai pas parvenu au stade de Bouddha ! »


Le grand renonçant est si mûr pour l'Éveil que rien ni personne ne peut lui faire obstacle. Durant les premières heures de la nuit, il arrive aux plus hauts stades de la concentration. Au milieu de la nuit, il développe des pouvoirs psychiques, comme de se rappeler de ses vies passées, ou de voir très loin, même à travers les montagnes.

Il a beau avoir obtenu la plus grande des concentrations et les plus grands pouvoirs, il prend conscience que non seulement ces états ne durent pas, mais qu'ils sont encore des états, c'est-à-dire des sensations, et rien d'autre que ça. Cela ne peut donc pas être l'Éveil. Parce que l'Éveil n'est pas une sensation, c'est se libérer des sensations. L'Éveil, c'est la Paix. Une paix si parfaite qu'il n'y a même plus de place pour les sensations !

Le renonçant Gotama a alors l'idée d'observer la grande expérience de sa méditation, comme pour la « voir » en face, au lieu de l'expérimenter simplement. C'est alors qu'il développe pour la première fois la vipassaná, c'est-à-dire la vision directe dans la réalité. En portant son attention sur cette expérience méditative, il parvient à nibbána, autrement dit l'Éveil, au moment précis de l'aube. Grâce à sa grande réalisation, il est débarrassé pour toujours de toutes les impuretés mentales. C'est à ce moment qu'il devient Bouddha.

Il comprend que désormais, il ne tourne plus en rond dans le samsará (le cycle sans fin des existences).



Les 49 jours après l'Éveil

Après son Éveil, Bouddha reste 7 jours à 7 places différentes (7 x 7 = 49), donc 49 jours, pendant lesquels il goûte à la paix de ce qu'il a obtenu, et prend pleinement connaissance de ce qu'il vient d'accomplir. Il reçoit aussi la visite de deux frères commerçants originaires de d'Ukkalá (de nos jours Yangon, en Birmanie), qui lui offrent des gâteaux de riz au beurre sucrés et au miel.

À l'issue de cette rencontre, ils deviennent les deux premiers disciples laïcs de Bouddha. Avant de poursuivre leur route, ils demandent au Bienheureux de leur laisser quelques-uns de ses cheveux pour qu'ils puissent conserver quelque chose de lui. Bouddha accepte et leur en donne huit. Ils seront mis dans le plus grand reliquaire du monde, connu de nos jours sous le nom de Shwedagon.

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Re: Le bouddhisme

Message  AdOrinu le Jeu Nov 25 2010, 16:34

Un matin, le Bouddha était en compagnie de ses disciples quand un homme s’approcha.

Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.

Il existe, répondit le Bouddha.

Après le déjeuner, un autre homme s’approcha.

Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.

Non, il n’existe pas, répondit le Bouddha.

A la fin de l’après-midi, un troisième homme posa la même question.

Dieu existe-t-il ? C’est à toi de décider, répondit le Bouddha.

Dès que l’homme fut parti, un disciple s’exclama, révolté : Maître, c’est absurde !

Pourquoi donnez-vous des réponses différentes à la même question ?

Parce que ce sont des personnes différentes, chacune parviendra à Dieu par sa propre voie.

Le premier me croira.

Le second fera tout ce qu’il peut pour prouver que j’ai tort.

Le troisième ne croira qu’à ce qu’il choisira lui-même.

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Re: Le bouddhisme

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