Psychologie : stade phallique

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Psychologie : stade phallique

Message  Mina le Dim Juin 27 2010, 23:15

STADE PHALLIQUE : de 3 à 5-6 ans approximativement


Le stade phallique est le troisième stade d'évolution de la sexualité de l'enfant.

A la suite du stade anal, où l'enfant, grâce à ses excréments manifestait envers sa mère des pulsions agressives (il se retient d'aller à la selle) ou au contraires gratifiantes (il va à la selle pour lui montrer son attachement), l'enfant va se trouver confronté au complexe d'Oedipe .

Le stade phallique correspond à l’émergence de ce complexe. Lorsque l’enfant avance dans ce stade, il dépasse progressivement le complexe (jusqu’à atteindre le 4e stade : la période de latence).

A ce stade, la zone érogène devient celle des organes génitaux, et non plus la zone anale.


Selon Freud, cette phase est marquée par "l'angoisse de castration" qui marque les garçons comme les filles.
Globalement on pourrait résumer cela par : "les petits garçons ont peur de perdre leur zizi et les petites filles regrettent de ne pas en avoir un".
(Bien que cette vision a été contestée par la suite par d'autres psychanalystes.)


--> Certaines personnes sont marquées par ce stade phallique traversé au cours de leur prime enfance. Cette angoisse de castration peut n'être pas dépassée, ce qui va amener la personne à tout organiser autour de cette problématique de la castration, qu'elle soit femme ou homme. (point de fixation)
(C’est notamment, à partir de ce stade que la névrose, la psychose, la perversion et l’état limite se démarqueront progressivement…)
(On dit communément en cours que ces personnes "n'ont pas traversé ou dépassé, l'Oedipe")



Explications :

NB : "L'enfant" désigne à partir de cet instant, le petit garçon.
Les détails différentiels entre filles et garçons sont expliqués dans mon article sur le Complexe d'Oedipe.



Chez le garçon, comme chez la fille le premier objet d'amour c'est la Mère.
Jusque là le père était vécu comme une mère auxiliaire.

Mais l’enfant va découvrir que le père a en fait une fonction bien particulière.
Il apparaît menaçant, car inconnu, représentant une menace potentielle.
L’enfant se rapproche alors de la mère, tentant de garder ses distances avec le père, tout en l’observant.

Mais il se rend compte alors que la mère s’intéresse beaucoup au père et ce, malgré les revendications de l’enfant.
Alors il adopte une attitude ambivalente envers le père, ce père qui accapare la mère : il va ressentir à la fois de la colère et de l’admiration.
Pour l’enfant, le père a deux fonctions : fonction parentale (pour lui) et fonction d’amant (pour la mère).
Mais c’est un partage difficile que l’enfant a du mal à considérer et cela le plonge dans sa première solitude d’humain. Face à cette situation, il se replie sur lui-même.


Découverte du corps :


L’enfant se focalise maintenant sur ses organes génitaux.
Alors qu’il éprouvait au 2nd stade un érotisme dit « anal », il devient maintenant « urétral ».

L’enfant se rend vraiment compte que certaines personnes ont un pénis, et que d’autres n’en ont pas.
Pour lui pourtant, toutes les grandes personnes doivent avoir un pénis.
Il pose beaucoup de questions sur la procréation, la sexualité, la grossesse, les relations entre les parents, etc…
S’il ne comprend pas les réponses, il répondra à sa manière et parfois de façon plutôt originale.
Par exemple, il peut relier la fécondation à ce qu’il connaît déjà : les femmes tombent enceintes en avalant un aliment ou en embrassant un autre adulte.
Pour certains enfants, il suffit d’exhiber ses organes génitaux pour avoir un bébé et la naissance est anale ou par le nombril.


Fantasmes :

A ce stade, il y a 4 fantasmes.

• Fantasme de la scène primitive :

C’est ainsi que l’on nomme la relation sexuelle entre les parents tel que l’enfant l’imagine.

L’enfant peut avoir été témoin d’un coït des parents ou simplement imaginer ce qu’il peut se passer quand il est exclu (de la chambre des parents).
Ce qu’il ressent peut se comparer à ce que l’on ressent, adulte, lorsqu’on entend ou voyons deux personnes connus entrain de chuchoter. On se sent exclu et peut-être persécuté.
Souvent, dans le fantasme de cette scène primitive, l’enfant s’identifie à l’un des partenaires.
Soit le « passif », soit « l’actif ».

Il interprète souvent cette scène comme vraiment agressive (en tant qu’agresseur ou agressé). Et de cette interprétation découle une angoisse énorme voir un sentiment d’abandon trop lourd pour lui.
L’enfant pourra entrer dans une période de cauchemars et de demande d’affection de la part de la mère.
Il insistera pour dormir dans le lit parental.
(D’ailleurs, l’enfant profite de l’affection de sa mère –ou père- en étant dans le lit, mais il entretient aussi son propre fantasme érotique en étant au côté du parent adoré et agissant en plus comme séparateur du couple parental.)


• Fantasme de séduction :

Cela rejoint le fantasme érotique que je citais plus haut.
Pour le petit garçon ce sera d’avoir des relations sexuelles avec sa mère et pour la petite fille, avec son père.
Il désigne donc clairement le fantasme d’inceste.
Mais il est aussi une imagination entretenu par l’enfant, selon laquelle ce serait l’adulte qui le séduirait afin d’avoir des relations sexuelles avec lui/elle.
(Comme quand on imagine qu’on aimerait bien que quelqu’un nous fasses les yeux doux - et plus si affinités).

--> Le stade phallique est aussi le moment où l’enfant développe une sorte de voyeurisme, visuel et auditif.
Il recherche les différences anatomiques, aime montrer son corps et se promener tout nu.
Il va tenter d’observer le corps des parents, lorsqu’ils se lavent ou vont aux toilettes.

Il a besoin de savoir, recherche un objet précieux et inaccessible. Ce sont les prémices de la curiosité intellectuelle.


• Fantasme de castration :

L’enfant reste dans un registre très narcissique.
Il investit le pénis de plusieurs qualités, entre autre, celle de Toute-puissance.
Cependant, avec l’importance qu’il accorde au pénis, survient la peur de le perdre : d’où l’angoisse de castration :
De même qu’il a eu peur de perdre la mère (stade oral), puis les excréments (stade anal), au stade phallique, il craint la perte de son pénis.
Concrètement, l’angoisse de castration peut s’expliquer ainsi :
Le petit garçon se retrouve face à l’autorité paternelle, réprimant la sexualité entre l’enfant et la mère. (« il en a une plus grosse que la mienne » :p)

L’angoisse de castration se focalise sur le père, celui-là même qui le rivalise auprès de la mère, celui qui « force » la mère à le délaisser (quand le père réel est inexistant, le rôle paternel est tenu par tout ce qui sépare la mère de l’enfant, que ce soit le travail dans la journée, ou un membre de la famille…). La figure paternelle va récupérer à son compte toutes les anciennes frustrations vécues par l’enfant.

|--> Cette angoisse amène le « complexe de castration » :
Il se définit comme un renoncement à la mère (en lui laissant la place d’épouse de son mari – donc du père -) et une acceptation de la fonction du père (en tant que séparateur, époux, représentant de la Loi et donc en tant que Père).

A noter que lorsque l’enfant arrive au « complexe de castration » et donc dépasse le « complexe d’oedipe », il dépasse le stade phallique pour entrer dans le 4e stade : la période de latence. Et le Surmoi se forme enfin (tout du moins dans la théorie Freudienne, car d’autre auteurs ont montrés que la formation du Surmoi est bien plus précoce).


Cependant, pour la petite fille, la castration a déjà eu lieu (puisqu’elle n’a pas de pénis). Elle se doit donc de réparer cette castration, et ce moment, cette envie de pénis, marque l’entrée dans le complexe d’oedipe.


Donc :
- On nomme « angoisse de castration » un phénomène transitoire, bénéfique et structurant.
- Le « complexe de castration » est la fixation inconsciente de cette angoisse, future source de souffrances et d’auto-punitions.


• Fantasme d’abandon :

Il n’y a aucune possibilité d’égalité entre les adultes et l’enfant.
Il ne peut y avoir que renversement des rôles et des attributs supposés spécifiques à l’adulte (par exemple, l’enfant met les chaussures de papa, le collier de maman, etc).

Pour l’enfant, la castration est un manque imaginaire (il imagine manquer de quelque chose –le phallus, qui est donc une représentation symbolique – signifiée par le pénis dans le réel).
Il ressent une angoisse d’incomplétude.
Cela concerne aussi bien le garçon que la petite fille.
L’enfant se demande alors si l’adulte aussi peut manquer de quelque chose, s’il est vraiment aussi complet que l’enfant se l’imagine.
Face au couple parental, il se sent alors exclu, différent.
Le fantasme d’abandon est une inquiétude de se retrouver seul.


Comprenons bien : par fantasme on définit clairement une pensée, une imagination inconsciente, qui se base sur des réflexions, étayées par de possibles situations concrètes.

Par exemple :

Pour le fantasme de la scène primitive :
Au niveau imaginaire : l’enfant se posant des questions sur la sexualité, va chercher des réponses en se construisant des scénarii. Donc la cohérence enfantine de ces scénarii prendra source dans les connaissances que l’enfant possède ou apprend.
Au niveau réel : l’enfant a peut-être assisté à l’accouplement entre ses parents, et il fantasme cette scène en la revivant dans sa tête, en imaginant d’autres choses,…etc.
(Un peu comme nous le ferions, adulte, face à un film, par exemple…)

Pour le fantasme de séduction :
Au niveau imaginaire : l’enfant est attiré par son parent de sexe opposé (ou identique, dans le cas de « l’oedipe inversé »). Il va désirer son parent et donc imaginer toutes sortes de choses plaisantes.
(Comme nous le ferions, adulte, face à quelqu’un qui nous plait.)
Au niveau réel : l’enfant peut avoir une attitude de séduction, parfois un peu «rentre dedans ».
Mais il est aussi possible que ce soit l’un des parents qui ait une attitude séductrice, plus ou moins consciente.
(Comme la maman qui autorise son enfant à prendre un bain avec elle, et qui le laisse lui toucher les seins, ou regarder sous l’eau…Si, si, ça arrive).

Pour le fantasme de castration :
Au niveau imaginaire : ici, cela relève plus d’une angoisse. L’enfant va comme « anticiper » pour mieux contrôler. Il a peur de perdre (ou vit la perte) d’un objet précieux à ses yeux : le phallus. Il va donc imaginer tout ce qui pourrait lui faire du mal (ou tout ce qui a pu lui faire du mal), pour gérer un peu mieux son angoisse.
Au niveau réel : des situations concrètes peuvent concentrer son angoisse : « si tu continues à te tripoter, j’te la coupe ! »


Bref, vous aurez compris.


Conclusion sur le stade phallique et approche sur Le Complexe d’Oedipe :


C'est lors du Stade Phallique que survient chez le garçon le complexe d'Oedipe (complexe d'Electre chez la fille).

Le complexe d'Oedipe est un ensemble organisé (et structurant) de désirs amoureux et hostiles que l'enfant éprouve à l'égard de ses parents. Sous sa forme dite positive, le complexe se présente comme dans l'histoire d'Oedipe: désir de la mort de ce rival qu'est le personnage du même sexe et désir sexuel pour le personnage du sexe opposé.
Sous sa forme négative, il se présente à l'inverse: amour pour le parent du même sexe et haine et jalousie envers le parent de sexe opposé.

Il joue un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l'orientation du désir humain.


--> Complexe d’oedipe pour :

Le garçon :

Il se sait détenteur du pénis. Cela lui permet de se valoriser, en l'exhibant pour se rassurer. Il s'identifie à son pénis et a très peur de la castration paternelle.
Pour lutter contre cette castration, il pourra d'abord refuser psychiquement la réalité : "C'est pas vrai que les filles n'en ont pas; On ne le voit pas mais c'est à l'intérieur".
Il pourra aussi penser que le pénis poussera chez les personnes qui n'en ont pas : "Il n'y a pas de différences entre les petites filles et les petits garçons".
Il pourra enfin voir le manque de pénis comme une punition : "C'est ceux qui le méritent le plus qui n'en ont pas".
Le petit garçon résorbera le conflit par l'identification au père.
En s’identifiant au père, il ne se sent plus dominé, mais égal. Il n’a donc plus de raison d’avoir peur de lui.


La fille :

Elle sait qu'elle n'en a pas. Mais elle pourra aussi se persuader qu'il suffit d'attendre et qu'il poussera. Elle peut faire preuve de ‘revendications phalliques’ : "Je veux faire comme les garçons, je veux grimper aux arbres..."
Elle commence ensuite à accepter son manque, mais contre un avantage : la possibilité d'avoir des enfants.
Elle demandera cet enfant au père (ce dernier est considéré comme séducteur).
Le petit bébé est l'équivalent du pénis, celui-là même qui ressortira dans la tête de la future mère, comme enfant imaginaire qu'elle demande à son propre père.
Ce n'est qu'à la naissance de son propre enfant, qu'elle en fera le deuil, et qu'elle reconnaitra le vrai père (son mari) comme père de l'enfant réel.
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